Santogold (alias Santi White) est une compositrice, productrice et chanteuse de Philadelphie. Elle a commencé sa carrière en 2003.
Autrefois chanteuse de Stiffed (groupe punk rock / ska de Philadelphie), elle s’est vu proposer un contrat pour continuer en solo. Santogold, son premier album sorti en avril 2008, a été co-produit par John Hill de Stiffed. Son style est un mélange de dub, d’electro, de rock indé, de new wave et de punk.
Fille d’avocat, bardée de diplômes, notamment à la fac privée de Weslayan (en Musique et Etudes Africaines-Américaines), Santi White débute en décrochant un poste de responsable artistique chez Epic Records. Elle démissionne rapidement pour se consacrer à la production et au songwriting. On la voit ainsi écrire et produire le premier album de la chanteuse R’n'B Res, How I Do. En 2003, elle passe à l’action en chantant pour l’obscur groupe de post-punk Stiffed, basé à Philadelphie. Sans grand succès, mais c’est là que le patron du label Lizard King Record la repère: Santi signe en solo. C’est le début de Santogold.
Son premier album est sorti en mai 2008 en France précédé du single “L.E.S Artistes”. Sa musique est empreinte d’influences très diverses, la soul d’Aretha Franklin, la pop des Talking Heads et des Smiths. La chanteuse précise aussi que son disque doit beaucoup au dub et à la New Wave, son travail a notamment été comparé à Siouxsie dans la presse française.
Composé au départ de la chanteuse black Santi White (chant, production et songwriting) et du producteur John Hill, alias John Rodeo, le projet Santogold est en fait épaulé par une belle pléiade de producteurs. Soit, si l’on compte remixes et faces B, rien de moins que les pointures reggae Chuck Treece (des Bad Brains) et, parmi d’autres, Cliffored Pusey (de Steel Pulse), mais aussi le génial architecte sonore Diplo (pygmalion de la chanteuse M.I.A.) ainsi que Spank Rock, Switch. La crême de l’electro, du dub et du reggae.
Santogold a aussi enregistré récemment une chanson pour la campagne 2008 de la marque Converse avec Julian Casablancas des Strokes et N.E.R.D., la chanson est intitulé My Drive Thru et est produite par Pharrell Williams.
Didier Super de son vrai nom Olivier Haudegond, né à Douai en 1973, est un ancien professionnel de BMX, humoriste, chanteur, musicien et vidéaste français.
Didier Super a fait partie du groupe Zeu Discomobile avant d’entamer sa carrière solo. Ce groupe faisait principalement des reprises punk de chansons françaises connues. Il est également une des Têtes de vainqueurs, duo comique de cascadeurs de rue à vélo, l’autre étant Fabrice, un cascadeur sur BMX.
Musique
Le ton sarcastique de ses chansons en fait un artiste friand du second degré, rejetant volontairement toute notion de bon goût et de politiquement correct. Dans ses chansons, il s’en prend tour à tour aux pauvres, aux « cons », aux caniches, au catholicisme, aux petits enfants chinois qui fabriquent des jouets de mauvaise qualité sans aller à l’école, etc. L’ironie, le cynisme le second degré et la dérision sont donc les armes favorites de Didier Super. La grande simplicité de l’instrumentation (généralement constituée, sur les enregistrements « studio », d’un orgue pour enfants et de quelques accords de guitare) et de la voix est totalement assumée. Didier Super est indifférent au fait que les internautes téléchargent sa musique illégalement sur les réseaux pair à pair.
Didier Super et Dailymotion
Les vidéos envoyées sur internet par Didier Super ont un réel succès, comme Misère Joyeuse dénonçant la misère en Inde, dans lequel il met en évidence la pauvreté du pays, le travail discutable des ONG suite à la catastrophe du tsunami, et plus généralement le rôle des aides financières. Dans cette vidéo il fait dire « Merci tsunami » à des personnes de la rue. On le voit également se filmer dans des toilettes où il défèque et utiliser des billets de banque indiens en guise de papier hygiénique. Didier Super s’est aussi fait connaitre pour sa vidéo Le nouvel album est un échec, vidéo dans laquelle il chante Y en a marre des pauvres devant le Fouquet’s ou fredonne On va tous crever devant l’Hôtel-Dieu. Sur le même ton second degré, le chanteur raille la médiatisation des décès de Grégory Lemarchal et de Lady Diana.
Pour la promotion de son dernier album, Didier Super est allé uriner au pied des locaux de la major Universal Music Group qui a récemment racheté V2 Music, le label sur lequel il est édité.
Il a également tourné un clip pour sa chanson “Je veux être une star” (dans sa version de l’album “Ben quoi?”) où il parodie les karaokés, la pub I-pod, les pubs de SMS surtaxés…
Réception médiatique et critiques
La page critique musicale du magazine Télérama lui a attribué un symbole qu’elle ne décerne qu’en de très rares occasions (il avait été créé pour l’album de Yoko Ono) : un canon. Le chroniqueur qualifia l’album de « plus mauvais disque du monde et de tous les temps ». Didier Super est néanmoins cité dans un article du no 2952 de la revue, daté de l’été 2006, traitant du rôle positif et de la nécessité de la provocation.[
Bon nombre d'employés de V2 Music ont fait bloc à l'époque lors de sa signature sur le label, estimant honteux de signer un tel artiste. Le label avait même demandé à ce que son logo n'apparaisse pas sur son disque. Maintenant, Didier Super dit avoir de bonnes relations avec son label « depuis [qu'il a] vendu 30 000 CD ».
Discographie
Le 2e album de Didier Super, sorti le 2 avril 2007 et intitulé Vaut mieux en rire que s’en foutre 2, consiste en une reprise des chansons de son premier album accompagnées d’un orchestre symphonique. Les chansons n’ont ainsi pas changé de titre, si ce n’est l’ajout de la mention « (version pour les vieux) ».
Le 3e album de Didier Super est sorti le 28 avril 2008 et s’intitule Ben quoi ?. Des titres sont en écoute sur son site officiel et sa page MySpace.
Les Ogres de Barback est un groupe de chanson créé en 1994, autoproduit et composé de quatre frères et sœurs : Fred, Sam, Alice et Mathilde. Chacun étant multi-instrumentiste, la couleur des chansons est très variée.
Musiciens réputés pour la qualité de leur travail, à la fois techniquement et lyriquement, les Ogres signent des chansons où se côtoient accordéon, guitare, violoncelle et piano, mais aussi trompette, trombone à coulisse, tuba, violon, épinette des Vosges…
À chaque chanson, au moins deux d’entre eux changent d’instruments. Ils semblent influencés à la fois par les grands auteurs de la chanson (Brassens, Renaud, Pierre Perret…), par la scène alternative des années 80 (Mano Negra : ils reprennent La Ventura sur la compilation Mano Negra Illegal, Les VRP, Bérurier Noir…) et par la musique des pays de l’est (type Emir Kusturica, à qui ils doivent le nom de leur propre label : Irfan, ou Les Yeux Noirs). On notera un changement dans les derniers albums avec des textes moins « chansons de la rue », gardant l’influence enfantine de « Pitt Ocha », mais en ayant une parole plus engagée, plus communautaire et citoyenne.
Fer de lance des aventuriers-chansonniers, ils ont lancé un projet nommé Latcho Drom (chapiteau itinérant) avec lequel ils ont pu chanter et festoyer sur les routes de France et d’Europe avec d’autres groupes qui font partie maintenant de leurs proches (Les Hurlements d’Léo, Debout Sur Le Zinc, La Rue Kétanou, etc.).
Le groupe aime collaborer avec d’autres artistes. Ainsi, dans la chanson 3-0 (sur Terrain vague), chaque couplet évoque une ville de France et comporte un invité différent (Sanseverino pour Paris, Fanch pour Rennes, Les Hurlements d’Léo pour Bordeaux, les frères Amokrane de Zebda et les Fabulous Trobadors pour Toulouse, Massilia Sound System pour Marseille, La Tropa pour Lyon, Weepers Circus pour Strasbourg, et Loïc Lantoine pour Lille). Ils ont également étroitement collaboré à l’album Çui-là de Pierre Perret sorti en 2003 sur lequel ils participent à la musique ainsi qu’aux arrangements.
Ils ont aussi joué avec Tryo avec 2 chansons : La première fois (sur l’album live Tryo au Cabaret Sauvage) et Mam’zelle Bulle.
Continuant leur élan citoyen avec leurs amis musiciens ils organisent fin 2006 début 2007 (de septembre à mai) une tournée sous les chapiteaux Latcho Drom intitulés : Aux Urnes Etc. Cette tournée n’a pas pour but de faire des concerts, mais de sensibiliser le public à l’action citoyenne et aux élections présidentielles à venir. Les concerts n’étant qu’un attrait, mais l’essentiel du programme est constitué de débats, projections, discussion et autres animations citoyennes.
Ils vont fort là, ces Algériens et Marocains de Maghrebika sur leur premier album “Neftakhir”.
Une fusion vraiment très réussite, basé sur des racines Algéro-Marocaine qui se mèlent à des grooves Dub, Trip Hop, Lounge et Electrtro. La basse massive de Bill Laswell domine, mais sans écraser les voix, chants, violons et flutes. L’ apparition des femmes Shikhats du groupe B-Net Marrakech (qui ont aussi déjà bossé avec Rachid Taha, Dar Beida 04, Cheb i Sabbah) sur cinq titres, donnent un contraste efficace à l’ensemble de l’oeuvre. Un album sur lequel on peux danser ou se relaxer en même temps, tout en sentant le dépaysement.
Groundation est un groupe américain venant de Californie porteur d’un nouveau style musical : le Spiritual Roots Reggae, subtil mélange entre le plus authentique reggae roots et un jazz à la fois cool et halluciné, soulignés par des dubs envoûtants.
De Bob Marley à Miles Davis, en passant par Burning Spear et John Coltrane, les influences de Groundation sont autant variées que déterminantes pour l’évolution musicale du groupe.
A 3 ans, Harrison Stafford baigne déja dans la musique : son père était pianiste de jazz et son frère écoutait des disques de Bob Marley et de Peter Tosh, le reggae est la première musique qui l’a interpellé. A l’école, le jeune Harrison se passionne pour le rastafarisme et voyage en Jamaïque et en Afrique très tôt.
L’aventure Groundation débute en 1996 lors de la rencontre de 3 étudiants brillants, Harrison Stafford, Marcus Urani et Ryan Newman,à l’université de Sonoma (en Californie) qui propose un cursus musical spécialisé en jazz mondialement reconnu (où sont étudiées l’histoire du jazz, la théorie, l’improvisation, la composition, l’orchestration).
C’est à l’été 1998 que ces trois musiciens d’expérience fondent Groundation.
Des maquettes (dont la cassette qui est à l’origine du troisième album Hebron Gate) et deux cd, aujourd’hui introuvables, sont enregistrés pendant cette période : Tribute to the Roots et Dub at the Roots.
De juillet à octobre 1999, c’est Young Tree, le premier album officiel de Groundation qui est composé et enregistré aux studios Walford en Californie.
Juste après la sortie de leur premier disque, Harrison Stafford et Kris Dilbeck fonde leur propre label : Young Tree Records Incorpation.
En 2000, David Chachere et Kelsey Howard se joignent au groupe ; le premier est un trompettiste de jazz qui vient de San Francisco, le second un jeune tromboniste de North Bay (Californie). Puis de nouveaux membres vont arriver comme le batteur Paul Spinna (qui jouait pour Les Claypool de Primus, l’un des meilleurs bassistes au monde, et aussi pour Will Bernard’s Mother Bug).
Le second album Each One Teach One sort en 2002 et voit la participation de plusieurs pointures jamaïcaines : Ras Michael, Marcia Higgs (fille de Joe Higgs, le professeur de chant de Bob Marley et des Wailers entre autre). L’album est mixé par Overton Browne dit « The Scientist ».
2003 marque le début de la carrière scénique de Groundation, avec quelques dates en Californie et à Hawaii. C’est une année extraordinaire pour le groupe puisque Hebron Gate sort, troisième opus du groupe Californien, qui voit la participation des légendaires The Congos & Don Carlos (Black Uhuru). L’album est acclamé par la critique et est nominé aux World Music Awards. Notons que Marcus Urani (clavier) et Jim Fox (ingénieur du son) enregistrent un LP (vinyle) quelques mois plus tard, qui regroupe les versions Dub de certains morceaux de Hebron Gate.
Depuis 2003, Groundation célèbre, au mois de février de chaque année, la musique de celui qu’ils considèrent comme leur maître : Bob Marley.
Pour ne pas oublier d’où le reggae vient et grâce à qui le mouvement s’est developpé, Groundation reprend avec virtuosité des titres connus et moins connus du Duppy conqueror.
L’engouement pour le groupe américain ne cesse de grandir jusqu’en 2004, l’année de la première tournée européenne, Groundation, produit par Music’Action, joue dans des salles françaises, suisse et belges.
Au Glaz’art ( à Paris), Groundation joue salle comble et une date est rajoutée le 19 décembre. Cette tournée est l’occasion de présenter le quatrième album du groupe We Free Again featuring Apple Gabriel (Israel Vibration) & Don Carlos et qui va se classer parmi les meilleures ventes dans la catégorie Reggae Roots.
Une approche respectueuse des bases du reggae, de brillantes compositions roots teintées de jazz et de dub, telle est la formule qui ferait le succès de Groundation si ceux-ci s’en contentaient. Mais Groundation est plus que ça, Groundation vit, transcende sa musique jusqu’à nous faire vibrer comme peu savent le faire. Groundation parle un langage universel qui dépasse les frontières.
Avec 4 albums en cinq ans, les Californiens ont réussi à s’imposer parmi les plus talentueux groupes de reggae internationaux jusqu’à bouleverser le mouvement.
Groundation fait de plus en plus parler et 2005 est l’année de la consécration. La tournée estivale est très dense, et surtout prestigieuse : Groundation est en effet à l’affiche des plus grands festivals européens (le plus gros festival de reggae en Europe : le Summerjam Festival en Allemagne, le Reggae Sun Ska, le Ja’ Sound Festival …) aux côtés de pointures du reggae tels que Steel Pulse, Israel Vibration, Toots & The Maytals, Gladiators, Gentleman etc. 2005 est aussi l’année d’exploration de nouveaux pays, de nouveaux publics, de nouvelles vibes. Ainsi Groundation s’envole pour la Suède , le Danemark et pour la première tournée brésilienne où le nombre de spectateurs est considérable. Enfin l’année 2005 se finit par l’habituelle tournée à Hawaii.
Le 15 janvier 2006 voit la sortie américaine de Dub Wars (chez On the corner / Nocturne), le premier album Dub de Groundation. On y retrouve les titres de Dragon War plus les nouvellles versions dub issues de l’album We Free Again. Les dubs sont puissants, sophistiqués et de nature contemplative.
Groundation est un groupe extrêmement talentueux, qui a su s’associer avec les plus grands musiciens jamaïcains pour créer une discographie de très haute facture. Indispensable à voir en live, Groundation a la magie des plus grands, porté par le mysticisme et le charisme du leader Harrison Stafford notamment.
Plus qu’un phénomène, une légende reggae est née.
Il aura fallu 21 ans et six albums à The Wedding Present pour espérer se débarrasser enfin de la (très bonne) réputation critique de leur premier album, George Best, monument « shambling » à la couverture plus célèbre que sa musique.
De ce premier essai, en 1987, les anciens Lost Pandas emmenés par leur leader omnipotent David Gedge auront été amenés à tout accepter : une édition Deluxe que ‘album méritait sans aucun doute, avant de lui concéder le sort (moderne) des albums cultes, une relecture dans l’ordre et à la note près, lors d’une récente tournée.
Entre George Best et El Rey (2008), les Wedding Present avaient pourtant fait de la musique et pas que pour des nèfles : la série des Hit Parade est capable d’en remontrer à n’importe quel groupe du début des années 90, Bizarro, en 1989, et Watusi, en 1994, sont des albums qui n’ont rien à envier à leur glorieux prédécesseur en crampons.
Après une longue interruption entre 1997 et 2004, le groupe est revenu aux affaires en 2005 avec un album, Take Fountain, qui, s’il est passé plutôt inaperçu, annonçait l’imminence d’un chef-d’œuvre. “Interstate 5″et surtout “I’m From Further North Than You”, les deux singles, concentraient sur eux tout le savoir-faire du groupe : des textes amoureux et d’une intelligence remarquable, un groupe où les guitares jouent vite et mélodiques, et où la batterie ne fait jamais n’importe quoi.
Il manquait à ce retour un album sans déchets et c’est exactement ce que Gegde met sur la table avec El Rey, impeccable et débarrassé de sa graisse par la production de Steve Albini.
Gossip est un groupe de musique américain originaire de l’Arkansas. Fondé à Olympia, dans l’État de Washington en 1999, il est maintenant établi à Portland dans l’Oregon. Le groupe est composé de trois membres : Beth Ditto au chant, Brace Paine à la guitare et Hannah Blilie à la batterie, qui a remplacé à ce poste Kathy Mendonca, qui joue désormais dans le groupe Soliah Shawcross.
Ils ont été principalement influencés par le féminisme et les groupes de riot grrrl, même si le groupe ne se définit pas ainsi.
En 1999, le groupe signe avec le label indépendant K Records qui produit leur premier enregistrement éponyme The Gossip. Depuis, Beth Ditto a multiplié les confessions publiques, autant sur son poids que sur sa sexualité.
Leur premier album, That’s Not What I Heard, réalisé par le label Kill Rock Stars, sort le 23 janvier 2001. Un an plus tard, le 6 mai 2003, leur deuxième album, Movement, paraît dans les bacs. Deux mois après l’enregistrement de leur premier album live, Undead in NYC, le 9 septembre, la batteuse Kathy Mendonça annonce qu’elle quitte le groupe afin de poursuivre une carrière en tant que sage-femme. Elle sera remplacée par Hannah Blilie.
Gilles Servat : barde universel
Né à Tarbes, arrière petit fils d’un Ariégeois montreur d’ours, Gilles Servat a autant construit sa «Bretonnitude», comme il l’appelle, qu’il en a hérité de ses parents Nantais.
Une construction entamée il y a plus de 35 ans après un passage mémorable à l’Ile de Groix dans l’auberge de l’ami guitariste et chanteur Claude Pouzoulic. L’île l’inspire (Retrouver Groix). Il y chante L’Enfant du Verseau, rebaptisée Kalondour (Cœur d’eau) qui marque, de son propre aveu, un progrès considérable dans sa production. Il y rencontre aussi Glenmor qui l’adoubera « vrai barde » et dira de lui, plus tard, que «L’élève a dépassé le maître».
Une construction forgée aussi à Paris, notamment au havre des exilés bretons, la crêperie Ti Jos à Montparnasse, où il créée, en 1969, une des œuvres majeures de la revendication culturelle bretonne : La Blanche Hermine, devenue un tel classique que la plupart des non Bretons l’ont toujours crue tirée du «folklore» (au sens noble du terme) régional.
Avec Nantes, où il vécut 20 ans, Groix et Paris, la « Bretonnitude » de Servat s’est construite dans d’autres lieux essentiels de sa géographie intime : Brest, Lorient, Quimper (La route de Kemper), Carhaix (ville centre de Bretagne, pays du lycée Diwan et du festival des Vieilles Charrues), l’Irlande du Connemara et de Dublin où il enregistra son premier album en 1970, mais aussi L’Héritage des Celtes, Sur les quais de Dublin et Comme je voudrais ! Sans oublier le village de Locoal-Mendon, dans le payse vannetais où il vit et fréquente l’un des meilleurs bagadoù breton, le Roñsed Mor, avec lequel il part en tournées.
Influence des lieux, influence des hommes aussi, à l’instar des deux grands inspirateurs de ses débuts : Ferré et Brassens. Ses rencontres avec des personnages hauts en couleur ont influencé la carrière et la passion de Gilles Servat pour la terre et la langue bretonne (« Le Breton est ma patrie » affirme un poème de Pierre Jakez Hélias qu’il a mis en musique) : les « Grecs » (surnom des Groisillons) Serge Bihan et Claude Pouzoulic, Glenmor (on l’a dit) ; des poètes et écrivains : Morvan Lebesque, Xavier Grall, avec qui il fondera une maison de production ; Yann-Ber Kalloc’h, Pierre Jakez Hélias (Sur les quais de Dublin), Anjela Duval, le cinéaste résistant et militant breton René Vautier, avec qui il a tourné La Folle de Toujane, les harpistes jumeaux d’ An Triskell (l’Albatros Fou), et son producteur actuel: Jakez Bernard qui fut aussi celui de l’Héritage des Celtes. L’une des rencontres majeures de Gilles Servat fut celle de Dan ar Braz. Leur amitié a débouché sur de nombreuses collaborations, au cours des années 80 et 90, comme le concert donné à l’Olympia en 1987 ou les disques : Mad in Sérénité, L’albatros Fou, Les Albums de Jeunesse, L’Héritage des Celtes qui décrochera une Victoire de la musique et Sur les Quais de Dublin.
Rencontres de lieux et des personnes, rencontre aussi de combats. Celui de la culture et de la langue celte évidemment (Les Bretons typiques, La complainte de l’Ile d’Yeu, etc.). Déjà, La Blanche Hermine était une chanson de révolte contre la chape de plomb que faisait peser, au début des années 70, le pouvoir pompidolien sur les cultures et espérances régionales. Mais aussi luttes sociales : Les prolétaires, L’Institutrice de Quimperlé, écrite par son père qui lui avait déjà écrit les paroles de Kaoc’h ki gwenn ha kaoc’h ki du racontant les malheurs de la région depuis le rattachement à la France et cette pauvre duchesse Anne «Qui n’a pas voulu ça» … Bon sang ne saurait mentir.
Gilles Servat chante aussi le combat pour la défense de la nature, à Plogoff ou après les grandes marées noires de l’Amoco Cadiz et de l’Erika, qui défigurent des paysages qu’il connaît personnellement et aime tant. Il chante aussi en Galice, invité par Carlos Nuñez après le naufrage (c’est le mot !) du Prestige. Outre la mer, Gilles Servat a chanté également la fragilité de la campagne bretonne, mise en danger par l’industrialisation poussée de l’agriculture et les excès du remembrement des années 60 et 70 (Madame la Colline).
En plus de 30 ans de carrière, et une vingtaine de disques, Gilles Servat a ainsi montré son engagement et son éclectisme qui, au-delà du fil conducteur breton, s’est montré universel et attaché au respect de tous les hommes et de leur environnement.
Eclectique, Gilles Servat l’est, à n’en pas douter. À côté de l’auteur compositeur, qui connaît le peintre et sculpteur de formation, l’acteur et l’écrivain d’une petite dizaine d’ouvrages dont les monumentales Chroniques d’Arcturus, dans lesquelles ce membre de la gorsedd (assemblée) des druides de Bretagne, fait s’entrechoquer les cultures de visiteurs de l’espace (nous dans le futur) et des habitants d’une planète moulée à l’aune des antiques épopées irlandaises !
Keny Arkana : l’esquisse
Mais d’où sort cette jeune artiste ultra talentueuse qui vient d’émerger dans le paysage du rap français? Pour le savoir il faut revenir en 1996. A ce moment Keny Arkana, marseillaise au sang argentin, commence tout juste à rapper pour ses compagnons de foyer, ce qui aboutira plus tard à la formation des collectifs Mars Patrie et Etat-Major. Avec ce dernier, elle fera plusieurs concerts et apparitions en radio avant de sortir en 2003 leur maxi, mais Keny décide alors de continuer vers une carrière solo afin de véritablement s’engager dans ses propres convictions artistiques. On l’a retrouve dès lors sur diverses compiles comme ‘Talents Fachés’ ou encore ‘92100% Hip Hop’ puis sur son propre Maxi ‘Le Missile Est Lancé’.
‘L’Esquisse’ est donc sa première mixtape sortit sur son propre label La Callita, où l’on peu entendre 10 inédits sur les 15 tracks mais aussi ses anciens morceaux comme ‘Dur d’être Optimiste’, ‘Le Missile Est Lancé’ qui donne tout de suite le ton de ce Street CD avec des lyrics accrocheurs, « il paraît qu’on manque pas d’air mais s’ils savaient comment on étouffe ici » ou encore le trop court ‘Jeunesse de l’Occident’ ainsi que ‘La main sur le cœur ‘ qui explique qu’elle restera fidèle à elle-même et aux siens. Parmi les inédits on retiendra ‘Le Rap A Perdu Ses Esprits’ où elle personnifie le rap en lui expliquant qu’il a perdu ses valeurs de base, bref elle essaie de le raisonner et de lui rappeler sa mission.
« Le Rap a perdu ses esprits, impossible à raisonner
un peu comme hypnotisé, à croire que les jolies paillettes l’ont impressionné
Récupéré dans leur camp pour mieux l’emprisonner
Hey l’rap tes soldats s’entre-tuent n’oublie pas ta mission »
« Venez Voir » est une track qui relate la folie du monde actuel en exposant diverses situations à la manière de la track « Faut de tout pour faire un monde » de Sniper, où parlant de la monotonie de la vie de l’homme dans ‘Le Temps passe et s’écoule’. Côtés productions on y retrouve du beau monde à savoir JR et Eden, Tefa & Masta, Le Roumain, Saïd Nabil, Saiz, Ludo, Tone-R, Sixtematik, et Joe le Balafré, d’ou la qualité de cette mixtape.
Revendiquant ses sentiments avec son flow tranchant, mélangeant rap et chant par moment, laissant transcrire son mépris pour quelconque autorité, parlant de tout ce qu’elle a sur le cœur avec sa voix écorché, le tout épicé de l’accent marseillais présage que du bon pour son premier album « Entre Ciment Et Belle Etoile » qui devrait voir le jour fin 2005. L’Esquisse d’un futur Classique ? En tout cas Keny Arkana n’en reste pas moins l’une des valeure montante du rap français.
Keny Arkana : Entre ciment et belle étoile
Si le rap a perdu ses esprits, Keny Arkana, non. Après un premier street réussi et des scènes qui dynamisent les squelettes les plus engourdis, il était temps que la rappeuse marseillaise fasse parler d’elle pour ce qui la définit vraiment : un album. Soutenue par un auditoire toujours plus large, attendue grâce à des titres forts comme Grabuge, Un pavé de plus, Les murs de ma ville, la rappeuse donne avec “Entre ciment et belle étoile” de bonnes raisons de croire que le rap n’est pas qu’une musique infantile.
“Ne me parlez pas d’hérédité je ne sais même pas de qui je porte le sang”
(Je suis la solitaire)
“L’esquisse” traçait les grandes lignes de la personnalité de la rappeuse en affirmant un caractère trempé, un discours révolutionnaire, religieux et une sensibilité reléguée à la fin sur l’outro. On s’attendait à redécouvrir ces facettes, donc, et pour se faire, Keny a fait les choses en grand en reprenant ses thèmes de prédilection en y ajoutant des récits parfaitement maitrisés. Sur La mère des enfants perdus, elle se fait maternelle quand elle parle des jeunes de la rue, et plus loin, elle se fait plus crédible encore sur Victoria. Keny endosse le rôle d’une jeune fille qui voit son père rejoindre les piqueteros (ndt : les chômeurs qui bloquent les routes) dans un contexte argentin qui touche le fond depuis 1995 à cause des restructurations et privatisations économiques. La jeune rappeuse rend sont rap vivant avec des anecdotes justes qui traduisent l’angoisse d’un pays en pleine crise.
Une rapide écoute mettra en évidence un message contestataire (Jeunesse du monde, Nettoyage au Karcher, Le missile suit sa lancée) alors qu’une écoute plus approfondie dévoilera les premiers non-dits : un discours plus philosophique qui prône la prise de confiance et l’importance de ne pas stagner. Pour ne pas tomber dans le moralisme monocorde, elle prend plaisir à varier les points de vue et les timbres de voix. Keny a parsemé son album d’espoir et si cela semblera évident sur les exceptionnels Clouée au sol, Prière, Une goutte de plus, les motifs d’y croire sont bien présents sur Sans terre d’asile par exemple (“Les germes du concret fleurissent d’abord dans la tête, enfant de la terre tu portes le secret de la vie”).
Encore plus loin que les mots, l’espoir est présent dans ce que Keny Arkana dégage dans son rap. Plus que de l’énergie, on écoute quelqu’un de réfléchi qui a pris de la distance sur une adolescence digérée, qui lit certainement beaucoup et qui évite les contradictions pour la rime. Elle évoque à plusieurs reprises son enfance en foyer et des maltraitances qu’elle y a reçues. Eh connard est direct et puissant mais elle évoque également par bribes son vécu dans Le fardeau (voir le 3ème couplet) et J’viens de l’incendie.
“Entre ciment et belle étoile” est peaufiné à l’extrême, tant sur l’agencement des titres qui respirent que sur l’écriture très soignée (Je suis la solitaire). Pour une fois, on se sent capable de parler d’un album de rap français sans parler de flow ou d’instrumental, bien qu’il y aurait beaucoup à souligner tant le travail de certains sons est méticuleux.
La rage du peuple faite femme est touchante et son album “Entre ciment et belle étoile” est intimiste et ouvert à la fois. Un sacré tour de force qu’il fallait saluer.
Keny Arkana : désobéissance
Alors que son premier album Entre Ciment et Belle Etoile se trouve encore dans le top 100 des ventes disques en France et en attendant peut-être un futur disque d’or, Keny Arkana prépare dèja un nouvel opus pour le mois d’Octobre.
Ce projet est en fait un mini-album composé de 10 titres thèmatiques autour de la désobéissance, d’où le titre Désobéissance. Parmi la dizaine de morceaux, cinq sont déja mixés. Les cinq autres seront enregistrés bientôt. Pour ce qui est du fond et de la forme, Keny Arkana déclare : “C’est un peu comme Entre Ciment Et Belle Etoile, ça commence pragmatique et ça finit un peu plus spirit. Je pars du principe que la 1ère désobéissance aujourd’hui c’est de rester humain. Ca peut être autant politique que plus spirituel. (…) Ca reste éclectique comme l’album, il y a plusieurs couleurs musicales.” Et à la question de savoir si elle parlera toujours de sa jeunesse, elle répond : “Là non, ça reste de la lutte collective. Il y a aussi de la lutte intérieure, personnelle”. Ce disque sortira toujours sous le label Because.
Ce mini album ne sera sans doute pas le dernier, elle prévoit même de sortir plusieurs disques thématiques par la suite. Mais pour l’instant elle préfère garder le secret sur ces futurs projets…
Eternels loosers magnifiques, les américains de Dinosaur Jr, sont les fils d’une époque, les témoins d’une non-esthétique du rock, mais d’une vision populaire de la musique et du rock alternatif. Dès leurs débuts en 1983, J Mascis (chant, guitare), Lou Barlow (basse) et Murph (batterie), le groupe est alors baptisé Dinosaur et se caractérise par un son alternatif particulièrement convaincant, notamment sur leur premier album éponyme. Signés en 1987 sur le label SST sous la pression de fans de Sonic Youth, il sortent leurs second excellent album You’re Living All Over Me, au son de guitare bien mis en avant, et au goût pour la distorsion particulièrement bien assumé. Ils doivent cependant changer de nom, suite à une plainte du groupe Dinosaurs, composé d’anciens membres de Jefferson Airplane. Les voici donc renommés Dinosaur Jr.
Précurseurs du mouvement grunge et inspirations de Kurt Cobain, adorés par Sonic Youth, Dinosaur Jr va néanmoins connaître la dissolution au sein de sa propre assemblée. Lors de la tournée de promotion de leur troisième album Bug, sorti en 1989, Mascis et Barlow ne sont plus vraiment sur la même longueur d’onde, Barlow est alors éjecté du groupe. Barlow se concentre alors désormais sur son side-project Sedaboh. La suite sera marqué par l’hégémonie de Mascis qui enregistrera quasiment à lui seul le superbe Green Mind en 1991. Le déclin semble être le chemin sur lequel évolue Dinosaur Jr, malgré les albums Where You Been en 1993 et Without A Sound en 1994. Le dernier album Hand It Over sort en 1997 à la suite duquel J Mascis annonce l’arrêt de Dinosaur Jr.
En 2004, Mascis se réapproprie les droits des albums de Dinosaur Jr et les réédite sur le label Merge en 2005. Cela coïncide avec l’annonce d’une tournée de Dinosaur Jr avec la line-up originelle et au complet : Mascis, Barlow et Murph. En 2007, l’aventure continue finalement pour les vétérans avec la sortie de Beyond. Album surprenant par la constance de Dinosaur Jr à conserver 20 ans après le même son et la même identité musicale, Beyond fait un bond et tend un pont entre les deux mêmes rives d’un bout à l’autre, comme si le temps n’avait eu aucune emprise et rendu Dinosaur Jr des éternels beautiful loosers.